Un Festin

Par Baby Dyke

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« Tu ne manges pas ? »

C’est elle qui avait eu l’idée de venir ici. Je me serais bien contentée d’un burger et d’un verre de vin. En plus, avec ce que j’avais prévu, il aurait été préférable que l’on soit à la maison.

Elle se racla la gorge et se passa la langue sur les lèvres. Une sensation de désir me parcourut.

Comment était-ce possible d’avoir une montée de désir si soudaine ? Je n’en avais aucune idée. En tout cas, à chaque fois qu’elle se léchait les lèvres, mon être tout entier était près à basculer. Je voulais qu’elle lèche mes lèvres à moi, ou mieux encore…

« Ne fais pas ça ! »

Ses lèvres formèrent un sourire narquois. « Qu’est-ce que j’ai fait ? »

« Tu sais très bien de quoi je parle. Tu n’as toujours pas répondu à ma question, pourquoi est-ce que tu ne manges pas ? » Elle avait à peine touché à son assiette. Étant la raison pour laquelle nous étions ici, je m’attendais à ce qu’elle montre un peu plus d’enthousiasme envers son plat. Elle déposa son verre et se passa encore la langue sur les lèvres. Bon sang ! A ce stade, j’étais convaincue qu’elle le faisait exprès. Toujours perdue dans mes pensées, je m’apprêtais à lui faire la remarque lorsqu’elle répondit :

« Parce que je préfèrerais te manger toi ! »

Bouche bée, je la regardai droit dans les yeux, oubliant soudainement ce que je m’apprêtais à lui dire. Une sensation de désir s’empara encore de moi et un léger soupir s’échappa de mes lèvres. Je me mis à me tortiller sur ma chaise. Elle laissa échapper un petit rire.

Je me mis à contempler mon assiette, résolue à ne pas la regarder. Mais ce n’était pas ma nourriture que je voyais. A la place, je voyais nos deux corps nus étendus sur mon lit, recouverts de sueur, se mouvant en harmonie. Je me mis à jouer avec ma nourriture, essayant désespérément d’écarter ces images avec ma fourchette.

« T’as fini ? »

Lorsque je fis oui de la tête, elle appela le serveur et régla l’addition. Nous quittâmes le restaurant, montâmes dans ma voiture et je la laissai conduire.

Lorsqu’elle s’engagea sur la route, je lui rappelai qu’« il y avait des gens qui mouraient de faim à Garissa » en me souvenant de l’assiette intacte qu’elle avait laissée au restaurant. Son regard ne cessait de passer de la route aux vitesses. Je pensais qu’elle essayait de mieux comprendre le véhicule, mais lorsque je suivis son regard, je me rendis compte qu’elle regardait en fait mes cuisses. Ma robe était remontée lorsque je lui parlais de l’importance de ne pas gaspiller la nourriture.

« Concentre-toi sur la route ! » la grondai-je, en lui donnant une petite tape sur le bras. Elle eut le culot de rire et de se passer la langue sur les lèvres. Avec un grognement, je fis descendre le pan de ma robe et me mis à regarder à travers la fenêtre. Elle se contenta de rire.

Quelques minutes plus tard, nous arrivions devant son quartier. Sa maison était à proximité de l’entrée alors nous nous retrouvâmes à sa porte en un rien de temps. Je retirai ses clés de mon sac à main et ouvris la marche.

En ouvrant la porte, je continuai ma tirade : « Je dis simplement que tu ne devrais pas gaspiller la nourriture. As-tu déjà… »

« Chut ! »

Elle me poussa contre le mur, faisant tomber mon sac et mes clés. Elle glissa sa main droite derrière ma nuque et s’empara de ma taille de sa main gauche, rapprochant nos deux corps. Nos lèvres se rencontrèrent à mi-chemin mais notre baiser n’eut rien de romantique. Mi soupirs, mi grognements. Alors que ses doigts me tiraient les cheveux, j’enfonçai mes ongles dans son dos. Elle se saisit de mes fesses. Sous son t-shirt, mes mains trouvèrent ses seins et nous nous écroulâmes au sol.

Ses lèvres abandonnèrent les miennes et se dirigèrent vers mon menton. Impatiente, je retins ma respiration et me mis à gémir lorsqu’elle enfonça ses dents dans mon cou. Très peu de gens savaient comment faire des câlins dans le cou ; comment s’y prendre jusqu’à vous faire vaciller au bord de l’orgasme. Elle s’attarda sur mon cou, toujours en me tirant sur les cheveux. Je m’agrippai à elle en criant son nom. Elle laissa une traînée de baisers entre mes seins avant d’en saisir un entre ses lèvres. Titillant mon téton, elle le tortura avec ses dents puis l’apaisa avec ses lèvres. Elle continua sa descente le long de mon torse en y répandant des baisers. Lorsqu’elle s’arrêta sur mon pubis, j’enfouis mon visage dans mes mains. Je ne savais pas pourquoi, mais cette étape m’intimidait toujours. C’était tellement…intime.

Avec un grognement, elle s’empara de mes mains, les épingla au-dessus de ma tête et lança:

« Je n’ai rien mangé de la journée. »

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Senegalese-born. Ivorian-bred. Young Feminist Queer work in progress doing this life thing. Occasional writer and translator, she enjoys the sound of the ocean, music, reading and going places. Our resident french translator.
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