Alternatif : souvenir d’un amour d’enfance

Alternatif : souvenir d’un amour d’enfance en Anglais

Par Chykychy

On est vendredi soir et je suis à la maison. Je suis en train d’écouter du reggae en sirotant un verre de vin rouge.

En théorie, cela n’a rien d’anormal, mais ce n’est tout simplement pas dans mes habitudes. Je suis de nature très sociale. J’aime être autour des gens. Ce que je déteste, c’est d’être entourée de monde et de me sentir quand même seule.

Et c’est la raison pour laquelle je me retrouve ici. A boire du vin. A écouter du reggae. Et à écrire.

Ecrire pour distraire mon esprit de toutes ces pensées tristes qui me submergent. Pourquoi donc ne pas utiliser ce moment pour me souvenir d’un temps meilleur ?

Ce soir, je repense à une histoire de mon enfance, l’histoire de…

Alex.

***

Je ne m’en étais pas rendue compte à l’époque, mais il ne s’agissait pas d’une amitié quelconque. Il s’agissait en fait d’un coup de cœur. Passer du temps avec Alex provoquait en moi, à défaut d’une meilleure expression, d’agréables sensations chaleureuses.

A l’âge de 12 ans, mon alternatif (chose que j’expliquerai un peu plus tard) se manifesta. Je ne sais pas pourquoi, mais cet été-là, j’avais supplié mes parents de me laisser participer aux cours de vacances. Je pense que ça avait plus à voir avec la peur de rater quelque chose dans mon cercle social que l’aspect académique de la chose.

Quoi qu’il en soit, ils avaient accepté. Et j’y étais allée.

Des quinze élèves présents, Alex était la seule « étrangère » ; elle était la seule qui venait d’une autre école. Apparemment, elle, ou était-ce sa mère ? Peu importe ! Sa grande sœur avait parlé de notre programme à quelqu’un. Pour être honnête, comment Alex avait entendu parler du programme était le cadet de mes soucis. J’étais juste contente d’avoir pu faire sa connaissance.

Je l’aimais ! Waouh, qu’est-ce que je raconte ?

L’aimer ?

Oui, bon, je l’aimais autant que je le pouvais du haut de mes 12 ans. Donc oui, je l’aimais. Je la suivais partout. J’étais à ses côtés pendant toutes les récrés. Un autre comportement atypique puisque je n’étais pas du genre à rechercher l’attention des autres. Au contraire, les gens recherchaient mon attention à moi ! C’est peut-être un peu narcissique de ma part mais c’était la vérité.

Mais pour en revenir à cet amour d’enfance, tout ce que je peux décrire sont les sensations que j’éprouvais à ce moment-là. La sensation d’être si profondément éprise de cette personne. Pour moi, ses moindres faits et gestes méritaient louanges et applaudissements. Sa façon de parler, de s’habiller.

Je me souviens de la sortie de classe que nous avions effectuée à la fin du programme.

Je ne me souviens même pas du voyage en tant que tel mais je me rappelle que nous nous étions arrêtés dans une boutique de souvenirs. Vous savez, celles que l’on retrouve en bordure de route, avec le drapeau Kényan et toutes sortes de bijoux en perles ? Oui, celles-là !

Alex m’avait acheté un bracelet.

Oui je sais, mon histoire est à mourir d’ennui, mais patience !

Il ne s’agissait pas de n’importe quels bracelets. Ceux-ci étaient des bracelets assortis ! Je me rappelle avoir pensé « Elle est si gentille ! Je ne l’enlèverai JAMAIS ». Je ne pense pas que ma réaction aurait été différente si j’avais reçu une boîte Tiffany. Eh oui, c’était aussi sérieux que ça.

Une fois à la maison, ce bracelet était bien entendu mon seul et unique sujet de conversation.

En ces temps-là, un de mes cousins vivait chez nous et je suppose qu’il avait dû entendre les histoires incessantes que je racontais lorsque je rentrais des cours : « Alex ci, …Alex ça, …Bla, Bla, Bla, Alex… ». Après la énième histoire « Alex », le pauvre n’en pouvait plus et avait fini par me lancer : « Cet Alex, c’est quoi, ton petit-ami ? »

SEIGNEUR !!!

ALEX EST UNE FILLE !  Avais-je rétorqué.

Mais si on devait vraiment se pencher sur la chose, Alex était comme mon petit-ami, ou un truc du genre. Voilà donc les sentiments que j’avais à l’égard d’Alex. Des sentiments que je n’ai jamais confrontés jusque 6 ou 7 ans plus tard.

Lorsque j’ai enfin appris et subconsciemment commencé à employer le terme « alternatif ».

A ne pas confondre avec bicurieux, bisexuel, etc.

Etre alternatif : être involontairement attiré par des individus du même sexe, certains aspects du même sexe, et avoir des sensations agréables dans votre cœur ou même « plus bas ».

Note : Je n’ai jamais revu Alex. Mais ces sensations agréables d’antan ont ouvert la voie à bien d’autres sensations similaires.

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