Espoirs

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Par SapphoOccult

0          Les cris s’élèvent, interrompant le tambour de pas le long des couloirs.

2 paires d’yeux fixent le sol, se remplissant de larmes tout comme rêves et espoirs occuperaient un être à fleur de l’âge.

Des yeux s’élèvent dans le vide, ignorants, tintés d’une innocence intacte.

 

5          Tes cris sont remplis d’une joie incontrôlée ; petits pieds, petites mains se déploient comme pour toucher le ciel.

Des ailes colorées s’échappent hors d’atteinte et pourtant, ce sourire tordu s’étend, indifférent aux tourments de la vie qui s’annonce.

 

14        Des cheveux te tombent en travers des yeux alors que tu essayes de cacher tes joues rougissantes.

En arrière-plan, le ronronnement grave de la voix de ton professeur n’est interrompu que par les gloussements harmonieux d’un groupe de filles assises à une table voisine.

Tu ramènes ton attention au ronronnement de la voix en entendant : « au fil des ans, vous commencerez à changer, tant sur le plan physique qu’émotif. Les garçons commenceront à voir les filles différemment, et les filles, vous commencerez à voir les garçons différemment ».

Encore une fois, cette sensation désagréable mais ô combien familière revient.

 

16        Le souvenir de la fille en pantalon de yoga et aux vifs yeux bruns envahit tes pensées, et avec, un bref instant, une petite lueur de plaisir.

Mais tout aussi rapidement, calcinant ce souvenir agréable, les mots « si une femme couche avec une femme comme l’on couche avec un homme, cela est une abomination ! » sont expulsés, telle de la bile, des bouches de ceux que tu aimes.

Une réponse à tes interrogations sur leur écœurement face à ces deux femmes qui se tiennent tranquillement par la main en marchant dans la rue.

Ce sentiment de honte que tu ne connais que trop bien resurgit alors que tu regardes droit dans les yeux de ce visage qui te fixe en retour, reflétant ton tourment interne.

Des cheveux désormais courts, au grand désarroi de tous, complimentent un joli visage.

Du moins, c’est ce qu’ils disent.

21        Des mortiers fusent de toute part alors qu’un chœur de voix remplit l’air de cris de jubilation.

Ton coeur s’emballe pendant que tu scrutes la foule de toges noires et de visages souriants, t’agrippant au rouleau dûment mérité niché dans ta main droite, espérant les voir.

Espérant qu’aujourd’hui, qu’au moins en ce jour particulier, en dépit de la confession d’hier soir, ils viendraient.

Ils seront là! N’est-ce pas ?

Cet article a été publié dans notre première revue, Emergence. Vous pouvez la télécharger en cliquant sur le lien suivant.

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