Faire son coming-out : quelques conseils utiles (coming out to loved ones: a short guide)

Faire son coming-out est probablement l’une des choses les plus difficiles que l’on est à faire. C’est une tâche pénible, terrifiante et super angoissante. Vous laissez l’angoisse s’accumuler pendant longtemps avant d’avoir le courage de le faire.

Pour certains, faire son coming-out n’est rien d’autre qu’une corvée sociale ; quelque chose d’agaçant à faire, oui, mais pas pour autant la fin du monde. Pour d’autres cependant, cela pourrait se révéler une expérience dangereuse et traumatisante. Compte-tenu du fait que ne pas être hétérosexuel est illégal dans bon nombre de pays, faire son coming-out peut s’avérer une action physiquement et émotionnellement risquée.

Coming-out peut avoir différentes significations pour différentes personnes, mais dans ce cas-ci, disons juste que cela fait référence à l’acte de dévoiler sa sexualité.

On s’attend toujours à ce que les gens queer fassent une sorte de ‘confession’ quant à leur sexualité tout simplement parce qu’ils ne sont pas hétérosexuels. Mais sachez ceci : vous n’avez pas à dévoiler votre sexualité à qui que ce soit.

Jamais ! Les hétéros n’ont jamais à faire leur coming-out, et vous n’êtes, vous non plus, pas dans l’obligation de dévoiler votre sexualité à qui que ce soit. Votre sexualité ne vous définit point. Personne n’a le droit de vous dire que vous vous cachez ou que vous vivez dans le mensonge juste parce que vous avez choisi de ne pas divulguer votre sexualité. Ni vos amis, ni votre famille, ni même votre partenaire. La décision de divulguer votre sexualité n’appartient qu’à vous.

Encore une fois, nul n’a le droit de vous mettre la pression pour faire votre coming-out ; ni votre partenaire, ni vos amis, ni les membres de votre famille.

Personne !

En ce qui concerne à qui et pourquoi vous choisissez de divulguer votre sexualité, la décision vous reviens entièrement et personne n’a le droit de vous mettre la pression. Quiconque essayerait de vous convaincre du contraire agirait de manière ignoble et déplacée, et vous avez le droit de le lui faire savoir.

Cela dit, si vous décidez de faire votre coming-out à certains de vos proches, voici quelques conseils.

Assurez-vous d’avoir quelqu’un à qui parler avant et après les faits: Avoir quelqu’un qui peut vous épauler durant cette épreuve est très important. Si possible, trouvez quelqu’un qui a déjà eu à dévoiler sa sexualité à sa famille et ses amis. Avec un peu de chance, cette personne aura de bons conseils à vous refiler et pourra être une source d’appui et de soutien durant ce processus. Beaucoup de gens remettront votre identité en question et essayeront de vous convaincre que vous êtes sur le mauvais chemin. De fait, il est crucial d’avoir à vos côtés quelqu’un qui s’assurera de temps à autre que vous allez bien et qui vous soutiendra pendant cette période. Il peut s’agir d’un(e) ami(e) qui prêtera tout simplement une oreille attentive et ce, sans vous juger ; un membre d’une association ; zut, vous pouvez même nous lancer un email et nous ferons de notre mieux pour vous soutenir en ligne. Dans tous les cas, vous ne regretterez pas d’avoir quelqu’un à vos côtés.

Assurez-vous d’avoir un endroit où aller au cas où les choses tourneraient mal : Si vous vivez sous le toit familial, il est important d’avoir quelque part où vous refugier au cas où les choses iraient mal. Nous connaissons tous les parents Africains : en une fraction de seconde, vous pouvez passer de prunelle de leurs yeux à source de honte pour la famille, dans quel cas vous ne seriez plus bienvenue sous leur toit. Nous espérons de tout cœur que vous ne vous retrouverez pas dans ce dernier cas. Mais si cela venait à arriver, par pitié, aillez un plan de secours. Si vous n’habitez pas en famille mais êtes quand même dépendante d’une personne qui pourrait elle aussi mal le prendre, aillez aussi un plan. La jeunesse LGBTI compte beaucoup plus de sans-abri qu’aucune autre population vulnérable. Ceci est bien malheureux et nous ne souhaitons guère que vous vous retrouviez dans une telle situation. Les êtres humains peuvent être plutôt nuls des fois. C’est injuste, mais ça arrive. Si vous avez au moins un endroit où dormir au cas où les choses iraient mal, ce serait un soulagement. Croyez-nous. Cela aide vraiment.

Faites-le pour vous-même : Ne succombez jamais à la pression de dévoiler votre sexualité à vos parents ou à quiconque. Les partenaires qui disent des choses du genre « tu dois leur dire si tu veux que l’on soit ensemble » ne sont pas une grande source de soutien et ne respectent pas vraiment votre choix. Les amis qui vous poussent à faire votre coming-out n’aident pas non plus. Souvenez-vous, la décision de dévoiler votre sexualité appartient à vous, et à vous seule.

Ne présentez pas d’excuses : Parfois, nous nous sentons obligées de présenter des excuses du fait de toutes les idées négatives associées à la sexualité queer. Vous n’avez aucune raison de vous excuser. Au lieu de demander pardon, vous pouvez expliquer à votre famille et à vos amis que vous comprendriez s’ils venaient à être déçus. Mais rappelez-leur que votre sexualité ne représente pas la fin du monde et que vous n’avez vraiment rien à regretter parce qu’au fond, il n’y a rien de mal à cela.

Essayez de vous montrer confiant(e) : Faire son coming-out est difficile et effrayant. Nous en sommes bien conscientes. Cependant, ceci est un moment durant lequel vous devriez rassembler tout votre courage et rester ferme. Là est le moment où les gens essayeront de vous convaincre que la sexualité queer est abominable, que « ceci n’est qu’une phase », que ça finira par vous passer ou que vous traversez tout simplement une période difficile.

Dites-leur donc d’aller voir ailleurs si vous y êtes !

Ok, peut-être pas.

Cependant, expliquez leur calmement et fermement que vous y avez sérieusement et longuement pensé. S’il le faut, dites-leur même que c’est quelque chose que vous avez mis en prière. Rappelez-leur que vous êtes bien consciente de combien cette conversation peut être pénible et que vous ne l’aborderiez pas si ce n’était pas aussi important ou si vous preniez ceci à la légère. La sexualité queer pourrait bien n’être rien d’autre qu’une phase, mais ce n’en est pas moins votre réalité. Les gens aiment bien approcher la sexualité comme étant une science précise : soit on est hétéro, soit on est gay, et ce, pour le reste de notre vie. Cela n’est malheureusement pas exact. Vous n’avez pas à revendiquer une sexualité précise pour le reste de votre vie. Certaines personnes qui se considèrent bisexuelles peuvent finir lesbiennes ou même hétéros; certaines lesbiennes finissent même par revendiquer une identité hétérosexuelle par la suite. Votre sexualité n’a nullement besoin d’être statique, et personne n’a le droit de vous dire que votre sexualité queer est immorale.

Mettez par écrit ce que vous aimeriez dire : comme dans tout discours important, avoir à portée de main les éléments clés de ce vous voulez dire est très utile. Ceci pourrait en effet vous aider à garder votre calme au cas où vous deviendriez nerveuse ou que votre audience s’agiterait. Parfois, les gens sont aussi plus attentifs lorsqu’ils se retrouvent dans une situation où ils sont forcés de vous lire et qu’ils ne peuvent pas vous couper la parole et répliquer.

L’écriture peut aussi vous être d’une très grande aide du fait qu’elle peut vous aider à mieux interpréter vos émotions et à mettre de l’ordre dans vos idées. On suppose que vous serez submergée d’émotions à ce moment-là. Mettez vos sentiments à l’écrit, étudiez-les, et prenez-en ample possession. Parce que ce que vous ressentez est réel et important. Cependant, faites bien attention à ne pas envoyer votre lettre électroniquement pour ne pas que celle-ci soit partagée d’une manière dont vous n’aurez aucun control.

Prenez bien conscience que la famille élargie pourrait s’en mêler ; réfléchissez aux proches qui pourraient vous supporter : le dicton selon lequel « il faut tout un village pour élever un enfant » est très populaire en Afrique. Cela veut donc dire que des tantes, oncles et cousins dont vous n’avez pas entendus parler il y a longtemps pourraient être contactés après votre coming-out. Avoir un membre de la famille à qui vous pouvez vous confier peut rendre les choses un peu plus faciles, surtout si certains membres de votre famille réagissent mal.

Donnez-leur du temps : la sexualité queer n’est pas une chose à laquelle les gens sont souvent confrontés, et le coming-out est un processus assez long. En Afrique, nous avons tendance à voir le monde d’une certaine façon : les mariages sont bien entendu hétéros, les hommes sont chefs de famille, les enfants biologiques sont considérés comme don le plus précieux, etc. En faisant votre coming-out, vous pourriez être perçue comme défiant cet ordre social. D’une certaine façon, vous êtes en effet en train de défier cet ordre social, mais il faudra du temps pour que les gens comprennent. Votre mère ne cessera surement de demander : « Pourquoi ? Pourquoi fais-tu cela, mon enfant ? » Soyez prête à avoir cette conversation encore et encore. Vos proches ne cesseront de vous poser des questions. Cela prendra du temps.

Si vous connaissez une personne qui a eu à passer par cela, essayez d’échanger avec elle : Echangez avec quelqu’un qui a déjà eu à passer par là. Cette personne aura surement des conseils extraordinaires, ou alors elle pourrait tout simplement être une oreille attentive avant ou après votre coming-out. Si rien de tout cela ne vous convient, vous pouvez toujours vous adressez à nous.

Soyez prête à voir cette conversation encore et encore : votre mère ne cessera surement de répéter « Pourquoi ? Pourquoi fais-tu cela mon enfant ? » Soyez prête à avoir cette conversation a maintes reprises. Vos proches ne cesseront de vous poser des questions. Cela prendra du temps.

Soyez au courant de ce que dit votre religion/culture au sujet de l’homosexualité : vos proches ne vous écouteront surement pas, mais au moins, vous aurez une réponse lorsqu’ils commenceront à vous harceler. L’une des choses que vous entendrez surement beaucoup est que «l’homosexualité est anormal». Ne cédez surtout pas à l’affirmation selon laquelle votre sexualité serait contre nature. Il n’y a rien de contre nature dans le fait de désirer ou d’être amoureuse d’une autre personne (adulte et consentante bien entendu !). La seule chose qui est contre nature est la haine et l’homophobie. Bien entendu, vous n’avez pas à présenter cet argument sur le champ. Sachez juste, pour vous-même, qu’il n’y a rien de contre nature à propos de vous. A HOLAA! nous avons quelques informations concernant les pratiques entre personnes du même sexe durant l’époque précoloniale. For the Bible Tells Me So est aussi un très bon film qui traite de la sexualité et de la religion.

Ne pensez surtout pas que quelque chose ne va pas chez vous : vous êtes l’extraordinaire et incroyable individu que vous êtes censée être. Les gens essayeront de vous convaincre que vous êtes un tas d’autres choses : mauvaise, possédée, confuse, etc. Vous n’êtes rien de tout cela. Si nous devions citer cette très chère Bible, nous dirions même que ‘vous avez êtes une créature merveilleuse’.

Tout ceci ne sera pas facile, mais vous êtes forte et vous pouvez surmonter cela. Nous espérons que ce petit guide vous sera utile.

HOLAA xo

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