Trois femmes, une bouteille, et un endroit ensoleillé [Three women, a bottle, and a sunny place]

Par Anonyme

Au début, c’était assez innocent. Des jeux à boire, un après-midi d’été. Un groupe de jeunes femmes qui riaient en parlant des hommes, de l’éducation, des garçons, des amis, des mecs, des moments d’ivresse pendant les vacances, et bien sûr des hommes.

Les heures passaient, et quand le soleil a disparu, deux de notre groupe s’étaient également volatilisées.

Nous nous sommes mises à leur recherche et nous avons fini par nous trouver dans le coin le plus éloigné de la maison de vacances, dans une pièce dont nous ne connaissions pas, pour la plupart, l’existence. Entrer dans ce domaine nous donnait un aperçu de l’affaire en cours entre deux amies qui, à cause d’un différend, s’était terminée pour renaître ce soir d’ivresse merveilleuse de décembre.

Ce que j’y ai trouvé? Mes deux amies, l’une sur l’autre, les mains baladeuses, guidées par l’ivresse.

Ou par le désir. Aucune certitude; on pouvait difficilement voir ce qui se passait dans la pièce obscure.

Une autre amie regardait avec satisfaction la scène qui de toute évidence ne la déroutait pas. Je ne suis toujours pas sure si elle en était excitée et ne pouvait regarder ailleurs, ou bien si elle était ivre et qu’elle ne se rappelait pas comment détourner le regard.

La séance de pelotage a continué en dépit de mes questions – « qu’est-ce qui se passe ici ? », « où sont vos vêtements ? », et (peut-être la plus importante) « qu’est-ce qu’on va faire si on loupe l’entrée gratuite avant 23h à la boîte ? »

Et puis j’ai entendu le mot qui a mis fin à toute conversation.

« Viens. » Pas vraiment poétique, mais efficace.

Quand je me suis rapprochée, des mains et des bouches m’ont accueillie. Dans une situation pareille, qui t’enveloppe complètement, tu perds tes repères, tu ne sais plus quelle est la partie du corps qui te caresse, ou quelle est celle que tu es en train de caresser. Un conseil ? Si tu te perds, suis les courbes. Les courbes d’une femme sont souvent le chemin le moins emprunté, mais qui n’en demeure pas moins un chemin merveilleux. Et qu’importe où tu vas, tu finiras toujours dans un endroit délicieux ; si tu as de la chance, dans un endroit humide.

Je me suis retrouvée entre les jambes de l’une de mes amies. Je ne pense pas que c’était exactement ce que nous avions en tête quand nous avions dit que nous serions « proches ». Ma langue avait suivi un chemin inconnu.

Il faut dire que lorsque toutes les personnes impliquées sont détendues, une belle synchronisation apparaît. Nous avons fini par nous concentrer sur l’une de nos amies, et nous avons dansé par-dessus son corps tout entier, suivant la musique de ses gémissements mêlée à nos rires. À nous deux, nous avons goûté chaque centimètre de sa peau, sans jamais gêner l’autre, comme si nous avions répété cette danse. Chorégraphie des langues, des doigts et des membres sur fond mélodique des chuchotements et percussions de nos rires et cris de surprise et d’émerveillement.

Sueur, cuisses, souffle, seins, murmures, peau, chaleur, sueur, gémissements, chaleur, seins.

C’était amusant.

C’était fou.

C’était sensuel.

Une confusion délicieuse mêlée à une clarté bienheureuse.

À vrai dire, aucune de nous ne saurait dire au juste comment nous en sommes arrivées là, alors que nous avions commencé par des jeux à boire et des discussions sur les mecs. Ça n’avait aucun sens.

Et à ce jour je ne peux pas affirmer si oui ou non nous avions un public pendant tout ce moment-là.

Cela s’est passé il y a quelques années, et depuis, le sujet est revenu sur la table deux fois. La première fois pour savoir si en termes d’‘aventure de vacances’, cela comptait comme une personne ou deux personnes ; la seconde fois pour déclarer que le sujet ne serait plus jamais abordé.

Peut-être était-ce l’alcool. Il est dit que parmi celles présentes à nos jeux l’après-midi, certaines rentrèrent chez elle en se traînant, sur fond d’un coucher de soleil splendide sur Uhmlanga. Nous ne les avions pas revues plus tard cette nuit-là.

Peut-être était-ce la curiosité.

Ou peut-être était-ce quelque chose qui avait toujours affleuré à la surface et qui avait juste besoin de sortir, et ce crépuscule de paresse grisante à Durban en avait été l’occasion. Je ne saurai jamais ce qu’il en a été pour les deux autres mais pour moi cela a marqué le début d’un voyage enchanteur d’exploration sexuelle qui continue encore à ce jour. Moins fou, mais toujours aussi attirant.

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