Le problème du sexe

écrit par Tatenda

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Il y avait quelque chose dans le fait de se réveiller qu’elle n’a jamais vraiment accepté mais elle le faisait quand même : c’était inclus dans le pack « être humain ». Ce matin-là, comme tant d’autres, elle se réveilla avec l’odeur de quelqu’un d’autre et tenta désespérément de faire taire les voix accusatrices dans sa tête. Son seul défi était de calmer son envie de vomir, qui n’était en fait que le reflet de son état psychologique actuel. Son corps était toujours en train de réagir à cette sensation de n’être rien du tout.

Ce n’était pas tellement l’anonymat lié à la relation sexuelle ou le fait qu’aucune des deux personnes n’en retirait quelque chose. C’était plutôt le fait qu’elle n’était qu’un corps. « Au moins, je suis libre » se mentit-elle.

Connaître cette fille signifiait savoir qu’elle faisait des choses qu’elle n’était pas censée faire. Elle couchait avec des hommes comme elle coucherait avec des femmes et vice-versa. Le ton fanfaron qu’elle employait lorsqu’elle évoquait ses exploits ne pouvait cacher cette volonté qu’elle avait de se faire accepter, volonté trahie par les pauses incertaines et les regards de côté humiliés qu’elle lançait à l’audience pendant ces discours.

Son plus gros problème était de comprendre la relation qu’elle avait avec son corps et ce que cela signifiait pour elle. Voyez-vous, elle n’avait pas de sentiments, juste des désirs et des envies. Alors pendant que vous, vous pleurez, riez, grincez des dents ou simplement restez tranquille, elle, elle faisait les magasins, dormait, buvait et baisait. C’était son histoire. Ou au moins une partie.

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L’autre partie de son histoire est qu’elle n’a jamais vraiment su ce qu’était le sexe. On lui a simplement dit et montré. Aucune des personnes qui lui ont demandé un jour ne voulait savoir ce qu’elle en pensait réellement. Alors elle mentait et faisait en sorte de prouver à elle-même qu’elle ne doutait pas et qu’elle n’attendait rien en retour. Elle n’attendait rien du sexe, elle le possédait et lui appartenait comme il semblait que cela appartenait à tout le monde.

Avec tout ça en tête, vous pouvez sûrement comprendre combien il était difficile de comprendre le sexe sans la présence d’un pénis. Nuit après nuit elle se demandait comment elle pouvait être avec un homme et avoir encore du « non sexe » avec une femme. Ou comment cela pouvait changer quelques fois. Il lui paraissait absurde que les femmes puissent avoir des relations sexuelles entre elles, jusqu’à ce qu’elle réalise qu’il n’y avait pas qu’un seul type de pratique sexuelle. Il n’empêche que cela n’a pas résolu son problème.

Elle faisait encore les bars, jouait dans les toilettes et demandait de l’affection dans les chambres. Personne ne la jamais rappelé ou ne s’est soucié du fait qu’elle semblait être à la recherche d’elle-même sous les draps. Elle s’en fichait aussi. Leur corps, comme le sien, n’étaient simplement que des outils pour résoudre sa plus grosse énigme.

Un jour, elle se découvrit pour de vrai; je crois que c’était quand son téton a été pincé sur une falaise. Il n’y avait pas de problème avec elle ou son mode de vie. Mais le raisonnement autour du sexe et son interprétation péchaient.

C’est alors qu’elle se jura de s’améliorer et d’apprécier toutes les pratiques sexuelles pour ce qu’elles étaient, sans ressentir le besoin de laisser l’une d’entre elles la définir complètement. C’est là que je l’ai vraiment découverte. Si je me souviens bien, elle a défini le sexe comme « quelque chose que nous faisons tous tant que nous pouvons explorer notre corps ». Ah, oui, elle m’a dit aussi de vous dire que la « virginité » n’existe pas et que si elle existait, faire du cheval devrait être considéré comme un sport très pervers.

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Source: http://courtneyindepth.tumblr.com/
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